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LIVRE À L'AFFICHE


ANDRÉ BRETON. Nadja. Paris, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1928, in-4° (217 x 169 mm), broché, couverture imprimée d’éditeur.

Édition originale.
Le tirage des grands papiers se limite à 109 premiers exemplaires réimposés dans le format in-quarto tellière sur papier vergé Lafuma-Navarre, et de 796 exemplaires in-octavo couronne sur papier vélin pur fil Lafuma-Navarre. Il a été tiré en outre un exemplaire nominatif sur papier du Japon impérial.

LE NUMÉRO LXXIX DES 109 PREMIERS EXEMPLAIRES SUR PAPIER VERGÉ, CELUI-CI SPÉCIALEMENT IMPRIMÉ POUR MAURICE HEINE.

NADJA, LE TEXTE CLÉ DE VOÛTE DE L’ŒUVRE D’ANDRÉ BRETON.
C'est un lundi 4 octobre 1926 que Léona Camille Ghislaine Delcourt (1902-1941) croise le chemin d'André Breton immédiatement envoûté par celle qui se surnomme Nadja. Les pérégrinations parisiennes de l'auteur se transforment pendant quelques semaines en quête obsessionnelle guidée par la mystérieuse muse, son refus des règles et sa confiance sans bornes en son instinct. Mais la jeune femme est excessive - elle mourra prématurément en institution psychiatrique -, et le surréaliste de mettre fin à une relation étouffante. C'est ainsi que Nadja devient un absolu : Breton trouve là matière à créer intensément et couche sur le papier cette expérience amoureuse au-delà du réel. 
L'écriture romanesque procède de l'ardent vécu de l'auteur. Les deux tiers du récit ont été élaborés en août 1927, exposant ses rencontres et expériences anté-Nadja, pour mieux décrire ensuite les dix jours extraordinaires passés avec le « génie libre, un de ces esprits de l'air que certaines pratiques de magie permettent momentanément de s'attacher, mais qu'il ne saurait être question de se soumettre ». Six mois plus tard, Breton produit le dernier tiers du roman en décembre 1927, faisant de son récit une poursuite de la théorisation du surréalisme. Après la réinvention littéraire et les nouvelles règles de l'écriture telles l'automatisme et l'usage de la psychanalyse préconisées dans le Manifeste du surréalisme publié en 1924, après les déchirures intestines et politiques qui ont secoué ses amitiés, Breton trouve en Nadja un renouveau, une « clarification » de sa vie et de celle du mouvement qu'il incarne et  dont il est le chef de file incontestable. Le fameux postulat selon lequel « La beauté sera convulsive ou ne sera pas », consacre Nadja comme la pierre angulaire de la révolution surréaliste.
44 PHOTOGRAPHIES DE JACQUES-ANDRÉ BOIFFARD, HENRI MANUEL ET MAN RAY.
Au-delà du texte produit, Nadja est révolutionnaire par sa conception iconographique. Les photographies ne sont pas une illustration soumise au récit, mais en est bien une part intégrante, sans lesquelles il serait incomplet. Les paysages parisiens de Jacques-André Boiffard, surtout les portraits dada de Man Ray et le gant de bronze sous l’œil de Lise Deharme, nourrissent la narration tout en bouleversant le processus créatif. Nadja, dont le portrait est éludé, est par son absence l'idéal surréaliste à poursuivre.
L’EXEMPLAIRE DE L’ÉCRIVAIN ET RÉHABILITATEUR DU MARQUIS DE SADE, MAURICE HEINE.
Après une formation de médecin imposée par sa famille, Maurice Heine (1884-1940) assume sa vocation littéraire et persiste dans l'écriture et la redécouverte scrupuleuse et scientifique de l’œuvre sadienne. On lui doit une quinzaine d'études qui font référence, et sort de l'oubli le manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome. Ainsi Heine est reconnu comme le réhabilitateur du Marquis de Sade, sans vouloir porter ombre à Guillaume Apollinaire avec qui il échange et œuvre contre les détracteurs moralistes. Heine est sollicité par tous, hommes de lettres et artistes, en premier lieu ses amis surréalistes pour qui Sade fait partie intégrante de leur processus de création. Breton fait appel à Heine à de multiples reprises dans le cadre de ses écrits sur le Marquis, développant ainsi une importante relation épistolaire.
Fortement engagé dans la politique, c'est au sein du groupe surréaliste que Heine participe en militant libertaire : il contribue à la SFIO, puis à la création du Parti Communiste Français dont il sera rapidement exclu (1921) : à peine est-il invité à contribuer à l'Humanité qu'il en est débarqué. Il écrit dans d'autres journaux et revues alors moins muselés, tels l'Intransigeant, Gil Blas, la NRF, ou encore le révolutionnaire et surréaliste Minotaure qu'il dirigera un temps avec ses acolytes Breton, Duchamp, Eluard et Mabille (1937). Cette période est aussi marquée par le conseil qu'il prodigue à l’éditeur d’art Ambroise Vollard à partir de 1928. Il n'est donc pas étonnant de voir André Breton réunir en 1935, tous les membres surréalistes chez son ami Heine, pour rédiger le tract clairement anti-stalinien Du temps que les surréalistes avaient raison. Cette même année, Man Ray photographie celui qui décédera prématurément, sans achever l’œuvre de sa vie, une bibliographie-référence du Marquis de Sade. C'est son cadet et ami Gilbert Lély qui se chargera de mener à bout cette entreprise et de publier le livre une décennie plus tard chez Gallimard sous le nom de Maurice Heine tout en n’omettant pas de rédiger une préface en forme d’éloge filial à son incontournable aîné.
Très bel exemplaire conservé tel que paru.
Léger report en quatrième de couverture du papier cristal de protection.
PROVENANCE : Maurice Heine (exemplaire nominatif).
6 000 €
ANDRÉ BRETON. Nadja. Paris, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1928, in-4° (190 x 120 mm), broché, couverture imprimée d’éditeur.

Édition originale.
Le tirage des grands papiers se limite à 109 premiers exemplaires réimposés dans le format in-quarto tellière sur papier vergé Lafuma-Navarre, et de 796 exemplaires in-octavo couronne sur papier vélin pur fil Lafuma-Navarre. Il a été tiré en outre un exemplaire nominatif sur papier du Japon impérial.
EXEMPLAIRE DU SERVICE DE PRESSE OFFERT PAR ANDRÉ BRETON AU JOURNALISTE ET CRITIQUE LITTÉRAIRE JEAN-ERNEST CHARLES :
A J. Ernest-Charles
hommage d’
André Breton
Premier président du syndicat national des journalistes, Jean-Ernest Charles alias Paul Renaison (1875-1953), fut un critique littéraire influant avec une première revue Le censeur politique et littéraire fondée en 1906 avec son épouse l’aviatrice et journaliste Louise Faure-Favier (1870-1961). De leur union naîtra Chériane, peintre et futur compagne de Léon-Paul Fargue.
Bien qu’une génération le sépare d’avec les fondateurs du surréalisme, il entretiendra des relations amicales avec certains protagonistes majeurs du mouvement dont André Breton ou encore Paul Éluard.
Très bel exemplaire conservé tel que paru.
PROVENANCE : Jean-Ernest Charles (envoi).
Vendu